Envie de moins venir, ici, envie de différence. Créer différemment. Quand j'arrive j'ai des mots. Mais la raison s'attèle à une tâche mathématique, et finalement les sens font le vide. Qui s'en souvient ? Nous avons parlé de tout, ce soir là. Vous, ici, et moi, là, bien loin dans le temps. Assise à n'en plus finir. En attendant que le jour ne refasse la vie en couleur. On se dit plein de choses, on promet tout autant. Qu'on le dise ou qu'on jure ; c'est du pareil au même. L'intant d'après s'envole, tout un être se dérobe, tout un temps prend la fuite. On fait revivre, faible, déjà vieillards, déjà courbés, du dos, des épaules, sur le passé latent. Déjà jaunis comme une photo flavescente. Comme on se comprend ! Quand je vous regarde dans les yeux, comme dans un miroir je me demande, pourquoi je fais tout ça. M'entête sur un chemin que je ne suis rien pour suivre, un bout de néant qui flotte dans le vide, sans beauté et sans grâce. Toucher à quelque chose d'autre. Quelque chose de l'au-delà, qui ne nous laissera pas tomber. Quelque chose de fidèle dès le jour de sa naissance, même si ... l'authenticité. Où la trouveras-tu ? Toi qui la cherche ne regarde pas trop longtemps dans les yeux des gens qui t'aiment. Tu y verras l'usure de leurs mots amoureux. Considère les brouillons de ta vie comme les plus beaux. Fais toi des idées plein la tête. Crois l'euphorie, crois le murmure. Comme une feuille blanche. La terreur est innée.
Oui, c'est tout à fait cela. Envie, profonde, de moins venir ici.